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LA MORT DÉJOUÉELA MORT DÉJOUÉELA MORT DÉJOUÉELA MORT DÉJOUÉELA MORT DÉJOUÉE

Cinetique · scénographie · 1969

LA MORT DÉJOUÉE

ŒUVRE DE JUAN GERMÁN SCHROEDER (DROITE) SATIRE EN TROIS TEMPS INTERPRÉTÉE PAR DES SOURDS-MUETS SOUS LA DIRECTION SCÉNIQUE D’EDUARDO CAMACHO (GAUCHE).

ref s.c. tenerife y canarias

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COMPAGNIE LOS AMBULANTES ASSOCIATION DE SOURDS-MUETS DE SANTA CRUZ DE TENERIFE

CRÉATION À SANTA CRUZ DE TENERIFE EN OCTOBRE DE 1969 AU THÉÂTRE GUIMERÁ

CRÉATION À BARCELONE EN OCTOBRE DE 1970 AU THÉÂTRE ROMEA

THÉÂTRE POUR SOURDS-MUETS

"Cela m'a fait grand plaisir que mon admiré ami Juan- Germán Schroeder ait écrit - et créé - une petite pièce théâtrale pour interprètes sourds-muets. L'évène- ment a eu lieu au Théâtre “Guimerá”, de Santa Cruz de Tenerife, ville natale du célèbre auteur de “Terra Baixa”.

L'aventure scénique porte un signe catalan. Juan-Germán, est né à Pampelune, de père allemand et de mère navarraise, mais il a toujours vécu à Barcelone, et le scénographe, le jeune peintre Ramon Vinyes, est né à Ribes de Freser. Vinyes a monté pour l'occasion un décor original en plastique, expérience inédite en Espagne.

L'idée a été servie magnifiquement par un tableau scénique sourd-muet dirigé par Eduardo Camacho. Et, d'après mes informations, le tout a été un succès. L'œuvre et l'interprétation ont plu. Heureuse rencontre que celle de Schroeder avec la silencieuse compagnie de “Los Ambulantes”

Le public était constitué de sourds-muets et d'auditeurs, et ce sont eux qu'il a fallu aider avec des voix off, car c'étaient eux, dans leur méconnaissance du langage des signes, les “limités”, qui se trouvaient en condi- tions d'infériorité.

Il semble que ce fut la fois où le théâtre muet s'est le plus approché du théâtre parlé. Pour les sourds-muets, une preuve convaincante et vigoureuse que leur infirmité ne les empêche pas d'être utiles à la société ni n'est un obstacle pour qu'ils contribuent à l'œuvre commune de culture.

[...] Maintenant il ne reste plus qu'à espérer que les dramaturges capables de soutenir ce type de théâtre ne se fassent pas les sourds. À l'étranger cela existe déjà. Si des acteurs sourds-muets allemands et russes ont pu représenter Schiller et Shakespeare, nos propres acteurs pourront un jour s'attaquer à Lope de Vega et Calderón de la Barca

Diario de Barcelona, 25 octobre 1969 par Luis Marsillach